THIERRY BONTRIDDER I Art public I GaleriesSculpteur belge

"Aucune sculpture ne détrône jamais aucune autre.
Une sculpture n'est pas un objet, elle est une interrogation, une question, une réponse.
Elle ne peut être ni finie ni parfaite." - Alberto Giacometti, 1957.

Daidalos I installation sculpturale, 2019

Dans cette installation sculpturale, Thierry Bontridder poursuit sa réflexion sur le labyrinthe et choisi de le rendre invisible. Il ne s’agit plus de créer une structure composée de fragments épars comme dans ses oeuvres précédentes mais de suggérer que l’Homme est à la fois le labyrinthe et le promeneur qui s’y perd.
L’artiste montre à nouveau son intérêt pour l’abstraction de la silhouette humaine en mouvement au sein d’un espace infini et pour la recherche de l’archétype par la stylisation. Ce dernier point explique peut-être la multiplicité du pouvoir évocateur de ces quatorze formes totémiques qui évoquent le parcours ou le dédale dans lequel l’Homme fait l’expérience de la vie.
Est-il besoin de montrer concrètement l’espace symbolique du labyrinthe pour en avoir l’expérience ?

L’installation propose d’éprouver autrement cet espace, de l’interroger et de le "voir". L’absence d’architecture labyrinthique jette le trouble et provoque l’égarement. La désorientation est à la fois physique et mentale. Le spectateur n’est plus en face d’une installation à contempler ou à parcourir. D’ailleurs, le terme "spectateur" est inadéquat puisque qu’il est lui-même participant de cette foule humaine en cheminement. Il est dans l’oeuvre au fil du trajet qu’il accompli. Sa démarche participe de cet inépuisable questionnement du statut humain dans l'Univers. - CM


Fragments éclatés I installation sculpturale, 2018


Oeuvre monumentale appartenant à la Collection de la Fondation Boghossian.

Poursuivant sa réflexion menée à travers l’installation sculpturale Fragments déployés réalisée dans la chapelle de Boondael à Ixelles en mars 2018, Thierry Bontridder propose ici des fragments de labyrinthe éclaté, composés de plusieurs feuilles de métal déployé.
Nul besoin de risquer un pas pour entrer physiquement dans cet espace symbolique, l'expérience du cheminement s’inscrit davantage dans le déplacement du regard du spectateur en mouvement. Il ne s’agit pas d’un parcours concret auquel le participant est convoqué à travers cette proposition. Fragments éclatés ne se livre pas d’emblée mais progressivement. Loin d’être une oeuvre centrée et fermée sur elle-même, l’agencement des éléments transparents en aluminium maillé incite le corps voyant et sensible à constituer son propre trajet. Le cheminement est tant sensoriel que mental, puisqu’il s’agit de relier des segments épars et de reconstituer son fil conducteur.
Ainsi l expérience à laquelle nous convie Thierry Bontridder trouve écho dans ce que Georges Perec exprime en mots :

"L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le réinventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement...), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie."
- Espèces d’espaces, Georges Perec, Galilée, L’espace critique, 2000.

En ce sens, Fragments éclatés interroge l’infinie exploration universelle de l’Homme. - CM


Fragments déployés I installation sculpturale éphémère dans la Chapelle de Boondael à Ixelles, du 15 mars au 8 avril 2017

Photos Paul Louis

C’est à partir d’une réflexion sur le labyrinthe que Thierry Bontridder a imaginé cette installation sculpturale pour la chapelle de Boondael. L’artiste propose ici un fragment de labyrinthe "unicursal". Le parcours, de l’entrée au centre, ne compte pas d’impasse mais une "chambre" intérieure destinée à accueillir celui qui cherche à s’y "retrouver". Tel un parcours initiatique, l’être mis en situation labyrinthique, expérimente l’espace et consent, ou pas, à se déplacer dans un mouvement de progrès, retour, décision, hésitation, erreur, découverte... Les trouées dans les parois sont des lieux de conjectures, d’événements où l’être se confronte à différentes réactions face à son cheminement. Les stimulus esthétiques et sensoriels suscités par les jeux de transparence, de lumière et d’ombre, le paysage sonore "Was ??" du compositeur suédois d’avant-garde Folke Rabe (1935-2017), dépassent la préhension consciente de l’acteur/spectateur. Dans un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur et inversement, de l’espace à l’absence d’espace, le trajet labyrinthique peut avoir différentes fonctions, concrètes ou abstraites et/ou spirituelles.

S’il était possible de figurer la Vie, nous choisirions la ligne courbe. Thierry Bontridder compose sa structure à partir de courbes, non pas fixes et refermées en un cercle centré, mais des courbes ouvertes, irrégulières, qui se répètent et se rencontrent pour construire une forme croissant indéfiniment.. La sensualité de l’ensemble contraste étonnamment avec la rigidité des 170 m2 d’aluminium perforé et cintré par un réseau croisé de tubes en métal. L’oeuvre, déployée en quatre voiles de cinq mètres de haut, se découvre pas à pas. C’est l’acte d’éprouver l’interaction du "moi" avec l’installation, de ressentir sa délicate évocation formelle qui est sensuel. Telle une chrysalide, elle se déploie dans un mouvement circulaire sortant d’un point originel, d’une cavité matricielle qui fournit le milieu où quelque chose prend corps, se développe, croît et engendre. La translucidité des parois, ponctuées de lignes, comme autant de vaisseaux sanguins, laisse entrer la lumière et l’ombre, percevoir les sons et les vibrations lors de la métamorphose embryonnaire de la création. Les passages évoquent la figure géométrique de la cellule humaine et végétale mais aussi de la mandorle.

La légèreté, la vitalité et la sérénité qui se dégagent de la structure aérée de ces assemblages en expansion, nous parlent de l’infinie exploration universelle de l’Homme. - CM


Osmose I maison-atelier Bontridder, 2006-2015


Sculpture monumentale en acier inox peint placée avenue Lequime 16A à Rhode-Saint-Genèse. Oeuvre disponible.



Dimensions : 320 x 320 x 150 cm.

Puisant ses sources dans la théorie du chaos et dans la nature (morphologie humaine, végétale et animale, cosmologie, géologie), Thierry Bontridder part en premier lieu d’une figure symétrique, formée de courbes inscrites dans un cercle à partir d’un point central. Poursuivant sa recherche sur le mouvement ondulatoire, la croissance et la lumière, il construit une oeuvre animée par des figures répétitives dont la rémanence fait office de contrainte, tout comme l’équation est la contrainte de la fractale. L’artiste dispose les éléments qui la composent suivant des attractions et des polarités précises.
La sculpture semble être agitée par un léger mouvement, entre oscillation et vibration. D'étranges frémissements parcourent l'acier, telles les feuilles d'un arbre. Elles pourraient presque produire un son faible, confus, un chuchotis. Pareilles à des êtres animés d'une vie secrète, vibrants d'aspiration, les éléments sculpturaux se rencontrent dans une danse délicate, légèrement tourbillonnante. L'ombre et la lumière se mêlent dans un mouvement d'expansion ouvert sur l'espace. L'émotion surgit de cette rencontre qui aspire à se déployer vers les cieux.Comme des feuilles d’arbre ou des cellules organiques, la sculpture entre en relation avec ce qui se passe à l’extérieur et à l’intérieur de son environnement bâti et naturel. Elle joue avec la lumière, la couleur et le mouvement et entre en osmose avec son environnement.

Sa structure ouverte évoque la croissance, l’expansion, l’élan vital, le développement, l’envol… - CM


Plis #75 I site Schlumberger à Bruxelles, 2015


Sculpture monumentale appartenant à la Collection de la Fondation Boghossian. L'oeuvre est située 140, rue de Stalle à Uccle.


Cette oeuvre en acier corten s'inscrit dans la suite d'oeuvres "Plissements". Tel un tourbillon sphérique, elle manifeste l'apparition du mouvement circulaire sortant du point originel. Un mouvement qu'elle entretient et prolonge à l'infini. C'est le don de l'artiste que de parvenir à faire tromper les apparences des matériaux, en particulier celle de ces métaux lourds dont il se sert : voici une sculpture de 9 mètres de diamètre qui semble s'arracher à la loi de la gravitation et dont les formes abstraites, harmonieuses et épurées, une fois placée dans l'orbite de notre regard, nous parle d'envol, de montée et de vitalité.


Aloé I gare de Rhode-Saint-Genèse, 2015


Sculpture monumentale en acier inoxydable détruite en 2017 suite à un accident de circulation.

"A l’image de l’atome qui, à l’échelle qui lui est propre, constitue déjà un organisme complexe, cohérent et dynamique, la sculpture utilise des éléments comparables qui entraînent l’oeuvre par la nature et la force de ses composants vers un destin que le spectateur intuitivement devine et peut comprendre.

Ces éléments adoptent une forme géométrique et répétitive, susceptible de s’agglomérer en grand nombre, mais pas d’une manière circulaire comme les électrons précipités autour de leur noyau, ou juxtaposés comme les alvéoles hexagonales d’un nid d’abeilles. Le motif s’élabore à partir de deux plats d’acier inoxydable incurvés et réunis par les extrémités en forme d’amande ou de fève. D’une flamme en l’absence d’un courant d’air ou qui évoque la mandorle, cette ovale de gloire qui exprime dans l’art médiéval le rayonnement spirituel des saints personnages. La connotation symbolique de ce motif s’avère particulièrement riche lorsqu’on constate que l’assemblage des éléments constitutifs de la sculpture procède d’une sorte de pulsion organique, non pas mathématique et rigide à cause de la répétition de la forme de base, mais vivante et spontanée. L’oeuvre tient debout devant le ciel mais suggère de manière saisissante la fuite d’une lame de poissons entre deux eaux. Elle se dresse aussi comme une aile, puissante, frémissante, en prise directe sur le vent... Elle exprime tout entière un effort en action." – Albert Bontridder, architecte et poète.


Speira I Siège social de la Société MCG à Louvain-la-Neuve, 2013


Sculpture monumentale située 7, rue de Rodeuhaie à Louvain-la-Neuve.


Du grec "speira" (qui signifie "enroulement"), la racine "spar" veut dire répandre et implique l'idée de semence et par là-même de création. La spirale présente dans toutes les cultures, symbolise la vie, l'être au sein du changement,...

La courbe dont l'envergure croit progressivement évoque une force, un dynamisme, le mouvement circulaire de la Terre et de l'Univers. Sa légère inclinaison évoque l'angle de rotation de la Terre sur le plan de l'écliptique. C'est une figure qui représente par son ouverture le développement, l'extension, la continuité dans le progrès, la découverte, l'infinie exploration universelle de l'Homme.


L'oeuvre, réalisée en acier inox satiné, reflète ainsi de manière délicate les couleurs changeantes du ciel tout en s'affirmant dans l'environnement. Le recours aux légers plis dans la feuille d'acier accentue le dynamisme de la sculpture et offre au regard un peu l'aspect des praxinoscopes. Ces derniers permettaient autrefois d'animer une image par leurs reflets sur un tambour cylindrique en rotation composé de petits miroirs. Intégrée dans son environnement, la courbe de la sculpture répond subtilement à la voile courbe pénétrant le bâtiment proche. L'envergure de Speira atteint environ 4 mètres sur une hauteur de 3 mètres.

Cohérence I Métro Delacroix à Bruxelles, 2006


Sculpture murale se développant sur deux murs de 95 mètres dans la station Delacroix à Bruxelles.




Une station de métro est un lieu de passage et de mouvement. Les foules diverses et dispersées, composées d'individus animés de besoins, d'objectifs, de désirs aussi différents que contradictoires, s'y rassemblent et y sont canalisées dans un espace et un temps maîtrisés en vue d'une destination elle-même unifiée.


On songe à l'image évoquée par Henri Bergson, philosophe français du début du XXème siècle, dans son ouvrage "L'Evolution créatrice", dans laquelle il considère de la limaille de fer jetée sur une feuille de papier. Chaque parcelle y semble avoir son caractère et sa direction particulière et individuelle, mais sous l'effet d'un aimant, l'ensemble s'ordonne et se meut dans un sens déterminé.

Ainsi chaque particule du monde, à l'échelle infinitésimale aussi bien qu'aux confins de l'univers, le règne humain y compris, possède un destin individuel, tout en étant néanmoins entraînée dans un mouvement à la fois simple et complexe. Comme l'eau s'engouffrant en spirale dans le goulot d'un lavabo, les galaxies s'enroulent sur elles-mêmes dans des révolutions combinatoires que nous pourrions décrire comme essentielles.


Eclosion d'espace I rond-point Weisgerber à Arlon, 2006

Le rond-point de grande dimension peut être considéré comme l'une des portes principales de la Ville d'Arlon.


La sculpture constituée de douze fuseaux suggère un mouvement constant dans une croissance en spirale. L'oeuvre a une envergure de 11,3 mètres pour une hauteur de 8 mètres. Les douze fuseaux qui la constituent sont formés d'arceau en acier soutenant des voiles de métal perforé offrant dans le paysage urbain du carrefour comme un diaphragme sensible et translucide.

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Blue Note I Maison communale de Seneffe, 2006

Le métal est convié au sein d'une sculpture graphique qui joue avec la lumière, la couleur et le mouvement en un équilibre précaire, à la lisière de la rupture et de l'envolée.


L'oeuvre (acier inox et peinture, 300 x 300 x 140 cm.) est posée dans l'un des bassins qui avoisinent la salle à usage multiple située à la place Penne d'Agenais à Seneffe.


Les Ailes du temps I Aéroport national de Zaventem, 2004

Sculpture en acier inox (H 380 x L 250 x l 180).

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Croissance I rond-point de Notre-Dame de Grâce à Marche-en-Famenne, 2002

Sculpture de 6 mètres de hauteur en acier inoxydable.

"Symbole d'une entraide fraternelle pour atteindre les sommets, les formes successives s'épaulent l'une l'autre. Cette oeuvre peut aussi transcender une des étapes de l'évolution de l'Homme: 'l'homoerectus' qui se redresse et qui, depuis cette position debout nouvellement acquise, peut envisager une vue frontale, face à son destin." (Extrait de "Art public à Marche-en-Famenne")


Trois croissants et un arc I Parc du Scheutbos à Bruxelles, 2000

Cette oeuvre en acier rouge de 5,70 mètres de hauteur, a remporté le Concours de Sculpture de la Région de Bruxelles-Capitale en 2000. Elle fut installée dans le parc du Scheutbos en 2001.


Très légère malgré ses dimensions, l'oeuvre est constituée de trois croissants symbolisant la course de l'astre lunaire dans le cosmos. L'arc sortant de terre qui s'y rattache évoque le lien ténu entre le ciel et la Terre. Plus généralement, il s'agit d'une représentation symbolique de l'équilibre de l'Univers.


Déplacement dans le temps et l'espace I site Schlumberger à Bruxelles, 1995

Sculpture appartenant à la Collection de la Fondation Boghossian. L'oeuvre est située 140, rue de Stalle à Uccle.

Sculpture en acier inox composée de 5 éléments.


"L'artiste fait montre de son intérêt pour l'abstraction de la silhouette humaine en mouvement et pour la recherche de l'archétype par la stylisation. Ce dernier point explique peut-être la multiplicité du pouvoir évocateur (galbe ithyphallique, construction mégalithique, allure végétale,...) de la sculpture par sa puissance à dialoguer avec les formes primitives. La finition du matériau renforce la brutalité de l'inox. Par le brossage du métal, l'artiste empêche la perturbation des reflets à la surface de son oeuvre, préservant pureté, densité et présence de la forme. - Pierre Henrion, historien de l'art et Conservateur au Musée en Plein Air du Sart-Tilman.

Sculpture murale I Espace 27 septembre de la Communauté française à Bruxelles, 1991

Sculpture de 15 m2 en verre acrylique, câble et tendeurs d'acier.

© Photographie de Paul Fumière.


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